L'originalité du
livre, ce sont les robots. On peut jouer au
Marais
aux scorpions sans croiser un seul scorpion et aux
Démons des profondeurs sans rencontrer
le moindre démon, mais on ne peut pas jouer à La Grande
Menace des Robots sans avoir affaire à des robots.
Menaçants ou pas, ils sont partout.
L'histoire se déroule dans un futur indéfini, dans un
monde indéfini et vous-même n'êtes pas le
héros le plus épais qui soit. Vous êtes
propriétaire d'un ranch de dinosaures (il n'y a pas de sot
métier) dans un pays qui s'appelle la Thoronie, où toutes
les tâches matérielles sont désormais
assurées par des robots, dont certains sont autonomes et
d'autres, les plus complexes, ont besoin de pilotes.
Un beau matin, les vils Kalazariens envahissent votre beau pays. Aucune
résistance n'est opposée, parce qu'ils ont trouvé
le moyen de plonger toute la population dans un profond sommeil. Enfin,
presque toute ! Pour une raison mystérieuse (et qui ne sera
absolument jamais élucidée), vous êtes en effet
immunisé. Ceignant votre épée (même dans le
futur, certaines choses ne changent pas) et vous installant aux
commandes de l'un de vos robots, vous décidez de régler
leur compte aux Kalazariens à vous tout seul (un scénario
qui est après tout celui de nombreux shoot'em up).
Comme dans les autres oeuvres de
Jackson
US, l'aventure est très non-linéaire. Il existe sept ou
huit villes, qui comprennent chacune un petit nombre d'endroits
à visiter. On peut se déplacer assez librement d'une
ville à une autre, même si toutes les destinations ne sont
pas toujours offertes. On peut revenir à une ville
déjà visitée, comme dans le Marais, même si
les secteurs et bâtiments ne peuvent généralement
être explorés qu'une fois.
Il y a trois moyens de repousser l'invasion et les trois fins se valent
les unes les autres. Elles nécessitent toutes d'avoir obtenu
certains objets et certaines informations.
La difficulté m'a paru un poil plus élevé que dans
les deux autres aventures de Jackson, mais elle n'a rien
d'insurmontable. Recommencer l'aventure n'a rien de bien ennuyeux,
étant donné la forte non-linéarité.
Il y a un déficit de rencontres intéressantes (comme tous
les autres Thoroniens sont endormis, vous aurez rarement l'occasion de
tailler une bavette). Les descriptions de l'environnement sont presque
aussi succinctes que dans le
Marais. Les
villes ne sont pas inintéressantes, mais leur exploration n'est
pas toujours très approfondie.
L'atout du livre, ce sont les robots. En règle
générale, je n'aime pas beaucoup les robots
géants, mais ils contribuent grandement à rendre
distrayante cette aventure.
Jackson
a fait un gros effort pour diversifier les robots que l'on peut
utiliser (et il y en a un sacré paquet) : certains sont
terrestres, d'autres volent, plusieurs peuvent se transformer et la
majorité ont des capacités spéciales. Les
caractéristiques du robot que vous utilisez joueront un
rôle pendant les combats, mais aussi en-dehors (la vitesse du
robot et son mode de déplacement sont deux critères qui
ont souvent leur importance).
Vous combattrez plus souvent à bord d'un robot qu'avec votre
épée anachronique (excepté pendant l'exploration
des bâtiments, vous êtes rarement à pied). A noter
qu'il est parfois possible de survivre à la destruction de votre
robot. Les combats sont généralement contre des
Kalazariens, même si quelques dinosaures pourront vous donner du
fil à retordre.
Bref, une aventure distrayante, qu'on a plaisir à essayer mais
qui n'est pas aussi saisissante que d'autres. La
non-linéarité est appréciable mais la
fréquence et la liberté des déplacement entre les
villes rendent un peu difficile le fait de s'immerger dans l'histoire.
Le degré d'originalité est raisonnable, il y a des
confrontations efficaces mais une absence quasi-totale de personnages
intéressants, ce qui est regrettable. L'environnement dans
lequel on évolue est assez peu décrit, mais ce laconisme
n'a pas un effet aussi négatif que dans le
Marais.
Les robots sont extrêmement présents dans l'aventure et y
contribuent de façon nettement positive (le livre serait
très moyen sans eux).
J'avais nettement préféré
Les
Démons des profondeurs, mais La Grande Menace des Robots
reste un livre-jeu agréable, bien que limité par certains
aspects.
par
Outremer